Le lointain passé :
Une mosaïque de l’époque gallo-romaine représentant de la vigne a été mise à jour sur le site archéologique du village de Taron; village de 200 habitants, composé essentiellement d’exploitations agricoles. C’est le vestige le plus ancien témoignant de l’existence de la culture de la vigne et du vin trouvé dans le Béarn. Jusqu’au début du siècle chaque exploitation du village possédait sa surface de vigne, située généralement sur les parcelles les plus pentues et les plus ingrates. On retrouve encore dans presque toutes les fermes l’espace réservé à la fabrication du vin d’autoconsommation et parfois quelque matériel ancien. D’après les anciens du village, le vignoble de Bordes existe depuis plusieurs siècles et a traversé le temps. La famille Laboubé vient de Cannet (Gers) et rentre dans la famille Bordes par Alliance; elle dirige la propriété depuis 4 générations. Celle-ci s’oriente dès le départ vers la polyculture mais la vigne devient très vite la revenu principal; ils produisent un vin de table de qualité très apprécié par les médecins et notables de Pau qui jusqu’aux années 50 venaient en charrette remplir leurs barriques.
"Le village de Taron et son
église du 13eme siècle."

Après la deuxième guerre mondiale et jusqu’aux années 70, la consommation de vin se stabilise ; les caves coopératives apparaissent mais restent synonymes de mauvaise qualité. La grande distribution n’a pas encore bouleversé les comportements d’achats, l’approvisionnement chez le particulier reste une valeur sûre. Le vignoble de Bordes est alors à son apogée.




 La fin d’une époque:
Les vignes sont anciennes, la qualité est là mais les rendements baissent. Le vignoble n’est pas renouvelé et aucun investissement n’est engagé. Dans le même temps, la consommation de vin diminue et le marché du vrac s’effondre. Les caves coopératives investissent et produisent désormais des vins de qualité, adaptés aux nouveaux goûts des consommateurs; c’est l’époque du vin en bouteille, de la mise en place d’une politique de qualité et de prix bas pour faire face à la concurrence et aux nouveaux réseaux de distribution. En décembre 1995, décès du frère aîné, René, chef d’exploitation. La famille et la propriété se retrouve privée du véritable « patron », vaillant, décideur, détenant le savoir faire du travail de la vigne et l’art quasi secret de la vinification transmis de génération en génération : « l’alchimie du vin »
 De 1996 à 1999:
Concilier mon travail d’œnologue à plein temps chez les producteurs Plaimont dans le Gers et le travail sur l’exploitation pendant toute l’année. S’ajoute à ce travail régulier le temps nécessaire pour faire évoluer l’exploitation afin de la rendre plus performante et viable : restructurer le vignoble, moderniser et normaliser le matériel, améliorer la vinification, le stockage et globalement la qualité du vin.
 L’aspect économique :
Malgré la baisse de consommation de vin et en pleine génération « Coca-Cola », augmenter progressivement les ventes en vrac aux particuliers et diminuer la part réservée habituellement au négoce afin d’atteindre l’équilibre ; puis préparer l’avenir en commercialisant des bouteilles.
 L’aspect social et culturel :
A l’époque de l’abus de télévision, du repli sur soi, utiliser l’activité de la vigne et du vin pour recréer des événements sur la propriété en privilégiant le contact humain et les échanges.
"Les vendanges rassemblent pendant plusieurs jours amis , voisins, famille, et « brassent » toutes les générations. Elles remettent au goût du jour un rendez-vous annuel comme le « Pèle Porc », les veillées, les moissons et aujourd’hui l’unique fête de village."
" Pour le village et le canton, refaire vivre une activité agricole et maintenir sur place une exploitation vivante où cohabitent 2 personnes âgées qui, grâce à la vente de vin sur place, continuent à voir du monde toute l’année. "
 La qualité du vin et du service :
La qualité reste constante et le prix s’aligne sur celui des caves coopératives mais le vin reste représentatif de son terroir en gardant un coté rustique, authentique et « naturel ». Fin janvier 1998, pour la première fois dans son histoire, le vin de table de la propriété est dégusté par des professionnels, au laboratoire de la chambre d’agriculture des Pyrénées-Atlantiques à Serres-Castet. Le millésime 1997, en blanc, rouge et rosé, obtient la dénomination « vin de pays des Pyrénées-Atlantiques » : l’unité parcellaire et le rendement inférieur à 80 hectolitres/hectares permet à ces trois vins d’être revendiqués en domaine. C’est la naissance officielle du « DOMAINE BORDES-LUBAT » De plus, le Domaine en rouge 97 et blanc 98 est sélectionné sur le « Guide Hachette des vins 1999 et 2000 ». Le blanc 98 obtient une médaille d’argent au challenge international du vin.
 Conclusion :
le vignoble est remis en état, le matériel viticole réparé, le chai de vinification est opérationnel avec tout le matériel indispensable.
La construction d'un chai de vente et de stockage, a permis les premières mises en bouteilles .
Il a fallu 2 ans pour restructurer la propriété et passer d'un vin de table vendu en vrac à un vin de pays vendu progressivement en bouteille. Le millésime 98 avec ses 4500 bouteilles annonce un nouvel élan donné à la propriété...
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